AUTOVIEW, COMPILATION, RETROSPECTIQUE - 7


Alors, réfléchissons... Février/Mars 2006, c'était aussi l'époque où j'ai commencé la basse...

Désolé pour le faible volume; vous pouvez pousser les baffles, je crie pas en faisant la grimace en plein milieu de la vidéo.

# Posté le mercredi 03 février 2010 19:18

AUTOVIEW, COMPILATION, RETROSPECTIQUE - 6


« Ce n'est ni un début ni une fin, c'est une autre attraction. »
Ni un début ni une fin, ok, une autre attraction ? Avec le recul ce que j'avais pensé et ressenti comme une rupture n'en était pas vraiment une. Koyabashi c'était Lepistolero épisode 2. Les premières pages c'est du pur Lepistolero, donc encore du difficile à lire pour moi... Cela dit, au fil des textes et malgré quelques rechutes Koyabashi a su progressivement s'affranchir de son prédécesseur et trouver d'autres sentiers. J'étais toujours proche de mes sentiments, peut-être même plus par moments, mais d'un autre côté et peut-être sans en avoir vraiment conscience c'est plutôt la forme qui évoluait. Je commençais déjà à avoir rabâché les mêmes thèmes encore et encore, les mêmes mots-clé, et m'en libérer semblait pourtant difficile, alors l'évolution c'était peut-être de les mettre en scène différemment, et quitte à ne parler de rien, le faire dans une certaine forme.

A vrai dire je dis ça en me donnant des grands airs, mais j'en sais foutrement rien. Passons, l'important c'est que j'ai du tomber sur les « dialectiques » de mon pote Eric et j'ai essayé de m'en inspirer pour en faire mon propre jeu ; une sorte de déballage d'images et d'associations de mots, le but c'est d'en faire une sorte d'inventaire, de voir comment ça peut marcher ensemble, de mettre de l'ordre... Un peu comme si vous aviez un grand coffre à jouets dans lequel vous empilez tous vos trucs et qu'à un moment il vous vient l'idée de tout sortir pour essayer de mieux ranger.

Bref cette fois c'est deux pour le prix d'un, le premier du 28 février 2006, une course contre le brouillard de la matière grise, ça donne quelque chose qui ressemble à du cadavre exquis. Le deuxième du 11 mars 2006, dans le même genre en moins frénétique. C'est les premiers qui s'éloignent suffisamment de Lepistolero pour me donner l'impression d'avancer dans cette rétrospective.



Moi aussi j'aimerais partir rencontrer la machine à mutations qui erre dans les plaines organiques. Mais là-bas le soleil est violet et mon ami montable ne peut marcher le long des falaises si elles ne sont pas assez raides. A voir mon oeil on prendrait bien pourtant un café avec les tourmenteurs d'une déesse. Mais sur les toits trop stables où les scarabées s'accouplent il manque l'image d'un virus dévorant. Alors me voilà dans un saoul-sol tonitruant comme la dernière fois où j'ai tué mon sparadrap déambulant. L'acier réclame son dû. Tant mieux je sais que je profiterai un jour où l'autre des faveurs des cicatrices éternelles. Pourquoi pas, la rage est ce qu'il y a de plus cher à l'oeil d'une caravane de pharmaciens fermiers. Enfin, j'ai au moins le droit au droit au droit au droit au droit au droit au droit d'avoir une douche pour laver mes étanchéités. Et puis de devenir une coupure pour me poser sur les lèvres d'une inversion de caractères. Non désolé, j'ai été doubleparasité à la dernière.


Les murs ont tranché, aux enchères ma mémoire vaut 7E30; quoi qu'il en soit je m'en félicite. Je pourrais sourire si une flamme ne m'était pas resté coincée en travers de la gorge, mais là si je me force il n'en sortira que de la cendre. Pour déloger cette flamme il va faloir que je capture un des pixels flamboyants qui vivent au pied de l'arbre qui pousse au milieu du cratère des volcans. Puis aller voir la vieille guérisseuse et lui troquer ce trésor contre ses services. Mais je ne crois pas que je vais le faire. La dernière fois que je suis allé la voir, c'était pour excès de colère et au vu du résultat je doute de ses talents. Et puis ma flamme n'a pas un goût si désagréable. Si vraiment j'attrape un pixel blanc soit je le revendrai au noir soit je le garderai. Je lui parlerai le soir. Je finirai sûrement par le manger aussi.

# Posté le mardi 02 février 2010 04:30

AUTOVIEW, COMPILATION, RETROSPECTIQUE - 5

La ponctualité n'est pas vraiment mon fort mais voilà. Comme prévu cette entreprise de republier les anciens postés en essayant de les revisiter m'aura vite lassé. Mais peu importe, je compte bien finir ce que j'ai commencé même si ça me prend plus de temps que prévu. Autant faire avancer les choses quitte à faire des ellipses, je n'ai jamais été bon pour les détails alors autant ne pas aller déterrer de vieux postés obscurs en page X ou Y que je ne saurais plus expliquer. Voilà donc le dernier posté de Lepistolero.

Comment expliquer ce sentiment ? Si vous voulez partir, partir loin, vous ne pouvez pas toujours garder votre terre natale à l'horizon. J'avais comme une envie qui était plus qu'une envie, mais « besoin » serait peut-être un mot trop fort, d'arrêter lepistolero. Mais c'était alors le seul et l'unique chez moi que j'avais. Je ne suis pas le seul à avoir eu ce sentiment vis-à-vis d'un blog : ce que vous créez et exposez en arrive à avoir une sorte d'emprise sur vous, et lepistolero n'avait pas beaucoup de pudeur, c'étaient mes tripes entreposées en vitrine à qui voulait les voir, et c'était pas si facile de tout laisser derrière. Mais parfois, étrangement, et alors que quelque chose de simple vous laisse de marbre sans envie de s'y mettre, une certaine difficulté vous motive à prendre les armes et à faire face.

Je me sentais arrivé à un cap, avec trop de poids sur les épaules, je veux dire par là trop de bordel dans mes bagages pour pouvoir ramasser ce que je voulais sur le bas-côté. Alors voilà, j'ai retourné mon sac à dos et je l'ai vidé. J'ai tiré 5 balles dans les pattes de ce vieux blog pour éviter qu'il ne me poursuive ; j'en avais 6 dans le barillet mais j'ai gardé la dernière, je ne sais trop pourquoi, je voulais pas non plus tuer lepistolero et avec le recul même si je ne saurais toujours pas vraiment l'expliquer j'ai la sensation d'avoir eu raison. De plus quelques temps après je recevais un commentaire d'un homme sans peur qui est resté un de mes préférés et qui me disait « garde toujours ta dernière balle car il y aura toujours un ennemi inconnu qui guettera le moment où tu l'auras tirée pour te submerger » . Je trouve ce commentaire emprunt d'une forme de sagesse très humaine, à la fois forte mais révélatrice de faiblesse : pourquoi un homme sans peur se méfierait-il d'un éventuel ennemi ?

Bref, je cloturais lepistolero le 31 décembre 2005 sur mes v½ux pour 2006, j'avais abandonné un peu ma dialectique pour parler à c½ur ouvert, sans codages et sans artifices, mais j'allais y revenir bien assez tôt. Un blog meurt, un autre naît.





J'ai pas trouvé de couleur autre que celle là. Dommage pour ceux à qui ça fera mal. Je pourrais dire désolé mais ce serait mentir. Samy G., ou est-ce l'Eric, m'a appris à ne pas m'excuser à la légère. Alors je suis sincère en vous disant que je ne suis pas désolé, et aussi en vous disant que je suis plus à l'aise comme ça. La nuit tous les chats sont gris.

Bonne année si vous y croyez à ceux qui me visitent sans se faire connaître, qui laissent des traces sans nom. Entrer chez les gens sans rien dire n'est pas forcément très poli mais c'est votre droit ici. Et puis vous avez le mérite de laisser les lieux parfaitement dans l'état où vous l'avez trouvé, je ne peux donc pas dire que vous dérangez.

Bonne année Dieu Mouche si tu y crois et, si à l'affut derrière ton viseur à moins que je ne m'en sois décalé tu me tiens en joue, je te tends mon verre.

Bonne année Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes si tu y crois, je ne t'oublie pas, essaie de ne pas trop ternir. Je te tends mon verre, je sais qu'au moins pour quelques instants tu pourras pétiller.

Bonne année Cagibi si tu y crois, je te tends mon verre et je te souhaite une bonne route et pourquoi pas j'aimerais qu'on fasse plus ample connaissance si tu juges qu'il y a quelque chose à connaître en moi.

Bonne année Jonesy si tu y crois, 2006 sera peut-être une bonne année pour le loto. Si tu fais fortune n'oublie pas qui t'aura conseillé de jouer. En attendant je te tends mon verre et je veux même bien le partager.

Bonne année Smouack si tu y crois, je te tends mon verre et je veux même bien le partager. Si tu veux bien j'aimerais te demander de penser à moi de temps en temps sur le coup de 10h ou 11h, ou alors 15h, 16h, 17h et de m'envoyer quelques smouacks. J'aimerais bien pouvoir m'en coller un ou deux sur les joues de temps en temps mais je m'en voudrais de te les voler. Ils pourront m'atteindre.

Bonne année Samy G. si tu y crois, je te tends mon verre et je t'en ressers un. Merci de me considérer comme un ami alors que tu te rends compte que je suis détestable au possible. Merci de pouvoir me lire textuellement et mentalement. Merci pour m'avoir montré ton écriture, merci pour avoir transformé la mienne, pour tes mails, pour Hors Limite, Play Dead, Teragone, I am a dirty cheater, et tant d'autres. Au fond c'est toi qui m'aura montré l'alternative, l'échappatoire et même si le détachement est difficile et pas encore gagné, je ne le regretterai pas. En bref merci pour tout, et c'est pas rien.

Je peux pas vraiment dire que moi j'y crois, ce 1er janvier n'est pas vraiment un repère significatif, bientôt je retournerai au lycée et à part un chiffre sur la présentation des devoirs, rien n'aura changé, tout continuera de changer comme avant. La métamorphose s'il en est une reprendra au même rythme. Je retrouverai l'ennui et la fatigue et l'agacement et la récente incompréhension. J'ai perdu le sens de beaucoup de choses, je dois dire que je suis assez désorienté mais c'est sans doute le prix à payer. Le processus est inexorable, j'ai pris trop de vitesse dans ma glissade solitaire. Glissade vers quoi? Je ne saurais l'expliquer mais Eric, tu comprendras sûrement. Je glisse de l'humain vers un autre animal. Peut-être que ce risque me sera gagnant, mais en tout cas le voyage me fascine.

N'oubliez pas que le Single Action Army est un six coups, il me reste donc une balle dans mon barillet. Elle était initialement destinée à arrêter ce blog. Mais après réflexion il n'y aura pas de BANG final.
Car je veux me garder une échappatoire. Si je dois devenir une abomination je ne veux pas qu'on me chasse par dépit. Car je n'ai pas de carapace dorée, pas de mutante aux yeux verts, je n'ai même pas l'humaine aux yeux bleus. Même en tant que fugitif passionné je me lasserai d'une escapade sans destination. Alors qui sait, grâce à cette balle je pourrai créer une porte qui me mènera vers un plus loin, ou vers un plus du tout. Mais ce n'est qu'une éventualité. Pour l'instant ma glissade se déroule à merveille.


En attendant je ne dis pas que si vous voulez me souhaiter une bonne année, ça ne me fera pas plaisir.

Au revoir.
Corentin, Koyabashi le Chat Errant,
Lepistolero.







Ah, et au fait, c'est vrai que je suis un peu en retard mais bon :

Bonne année 2010 si vous y croyez au vieux lecteurs dont j'ai plus ou moins perdu la trace, dont la plupart sont cités dans la version 2005. J'y ajoute red-nightmare et martine la truite, narcoleptic decay, parfum d'opium et psychose indolore.

Bonne année 2010 à zéro-un-tout si tu y crois, je regrette la distance qui nous empêche de renouveler l'échange live d'idées musique de cet été, et j'espère que les fleurs poussent bien.

Bonne année 2010 à zeraphin si tu y crois, j'ai déjà fait assez de vagues dans ton jardin alors je vais rien dire d'autre, simplement mais sincèrement bonne année.

Bonne année 2010 à mon frangin si tu y crois, et longue vie à Ghoul Buster.

Bonne année 2010 à Laé ma belle si tu y crois, tu me manques, les jours de pluie je garde ton visage en arrière plan et ça me fait sourire.

Bonne année 2010 à mon pote Eric si tu y crois, je te souhaite de la force et de l'inspiration si tu en veux, du renouveau et de l'énergie centrifuge dans les spirales ascendantes, des rencontres, du fun et du vent frais.

Personnellement je n'y crois toujours pas, pas que je sois pessimiste à propos de 2010 (sur un plan personnel j'entends, si on parle de société on ne peut qu'être pessimiste), simplement que je ne vois dans ces nombres changeants qu'un vide de sens, encore un calque qu'on superpose à la réalité, 2010 ne sera que la continuité de 2009, ce n'est ni bon ni mauvais, demain reste demain, et demain peut-être un bon jour ou un mauvais jour. Peu m'importe, en fait tout ce que je trouve à dire c'est « on verra bien » .

Mais comme en 2006 ça ne veut pas dire que je n'aurai que déplaisir à recevoir vos éventuels v½ux.



P.S. : Tiens au fait, mon cadeau de noël de moi-même à moi-même.
AUTOVIEW, COMPILATION, RETROSPECTIQUE - 5

# Posté le vendredi 15 janvier 2010 21:25

AUTOVIEW, COMPILATION, RETROSPECTIQUE - 4


Ok, si j'avais voulu organiser ma compilation dans un ordre strictement chronologique j'aurais dû mettre ça en numéro 1. Mais peu importe. Je dois énormément à Samy, alors voyez-y si vous voulez un énième hommage, c'en est un et il est bien mérité. Samy Eric m'a appris à écrire comme je le fais, pas en me disant « fais ci, fais ça » mais en me donnant avec ses textes des clés en cadeau dont je pouvais faire l'usage que je voulais, en me faisant entrevoir des directions que je n'aurais pas imaginées. Mais direction n'est qu'un mot, Samy ne m'a pas dit « d'ici tu peux aller au Nord, ou bien à l'Ouest » , Samy m'a fait comprendre sans me le dire que nord et sud et ouest et est ne sont qu'une seule et même chose, des arcs de cercle découpés par la dent humaine dans une unique sphère. Si je peux m'estimer sage aujourd'hui c'est à 70% grâce à lui et 30% grâce à mon frère et à Marie-Jeanne. Alors ne voyez pas seulement cette publication comme un cadeau en hommage à Samy, voyez-le plutôt comme un cadeau de Samy qui vous est offert, comme l'est chacun de ses textes, et si vous savez lire et percevoir vous en reviendrez différent.

Et là, surprise, c'est pas Hors Limite.



Odyssée Immobile
Je vis là, sous expertise aérienne. 'Bigbus' dans le ciel est parti sans moi. Je reste en stand by au bout de la piste. J'attends ce départ improbable dans ma carlingue de coton. La piste d'envol est libre mais j'attends quelqu'un qui ne viendra pas. Je regarde par le hublot, j'y vois des comètes sans itinéraires, des fils sans père, des pères sans fils, des mères sans visage, des processeurs atmosphériques et la ville morte d'une over dose. Il était temps de partir, plus de choix. Mon Pégase harassé c'est évaporé dans du gris et je m'accroche à sa crinière. D'en haut le ciel est océan et la terre est pâle. On y fait des rencontres fugitives et la mémoire est courte. L'air y est revêche et bien trop distant, j'avais rêvé qu'il serait sucré et cajoleur. Mais déjà ma monture s'affaiblie et la descente me carbonise. Maintenant je vis dans un vivarium verre blindé. Je suis l'attraction à ne pas louper. Venez me voir, ça en vaut le coup d'oeil. Deux euros la place et un soda en prime.

Samy. G sur samyland
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# Posté le mardi 08 décembre 2009 06:10

AUTOVIEW, COMPILATION, RETROSPECTIQUE - 3


Alors ça ! Si je devais n'en garder qu'un ce serait lui. J'ai sauté pas mal de pages de Lepistolero, certains textes me plaisent encore bien pourtant mais j'ai oublié l'instant où je les ai écrits, l'impulsion sur laquelle j'étais parti, le pourquoi, le comment, et je n'ai rien à en dire aujourd'hui. Lepistolero avait bien progressé, je le dis quand même, je préfère 1000 fois le lire sur sa fin que dans ses débuts.

Mais en tout cas, celui-là c'est LE texte pour lequel je remercie lepistolero. Celui que je peux encore modifier, fluidifier, corriger, développer, mais que je serais bien incapable de réécrire. J'ai jamais su raconter d'histoire, alors quand j'ai proposé ce projet d'écriture à deux à mon pote Eric Samy G. « pour le fun » en octobre 2005, j'avais aucune idée de ce à quoi ça allait mener, j'avais même certainement bien peu d'espoir que ça mène à quelque chose... Et pourtant deux ans plus tard je posais le point final ( ? ) de LA parfaite nouvelle de SF/Fantasy/Delirium à quatre mains. Alors oui, pour ce petit paragraphe j'ai remercié lepistolero, mais pour la totalité de la nouvelle c'est bien évidemment à Eric que va ma gratitude. Parce que si j'avais du prendre la suite après ce paragraphe, j'aurais ma foi été bien emmerdé... Eric a vu de l'ouverture là où je ne voyais que du noir, des directions là où je ne voyais que du vide... Mais « que le néant pourvoit à toutes choses c'est le sens de la phrase, la forme c'est le vide » . Le Dieu Mouche m'a appris bien des choses, sur l'écriture en elle-même bien sûr mais aussi sur une manière de voir la vie, le vide, la mort et le temps, et surtout sur tout. Je me suis imprégné moi-même au fil du temps de cette histoire, j'ai capturé dans l'eau de mes yeux ses rayons de lumière noire pour qu'ils éclairent ma vision et...

Difficile de dire clairement ce que je ressens vis-à-vis du Dieu Mouche, c'est un peu ma bible perso. Ça parait sérieux comme projet et pourtant c'était vraiment de la détente, du « quand tu veux, comme tu veux » , sans pression, sans plan et sans contraintes. J'aime le sens que je trouve à cette histoire, j'aime y voir beaucoup de choses, parmi lesquelles même si ça fait un peu pompeux, un pied de nez au sort et à la manière « académique » d'écrire des histoires, à la ponctuation et à la concordance des temps... Mais avant tout je crois que c'est le produit d'une authentique amitié.

A Samkoya.





Le Dieu Mouche version 1.0 – Paragraphe 1.



L'actualité est un ennemi qu'on ne peut fuir. Comme un viseur toujours braqué sur moi, un oeil numérique qui me toise de haut, le présent me suit sans retard, il me colle à la peau. J'imagine que j'ai pas à me plaindre, il y en a pour dire qu'il me va bien. Mais si à l'autre bout du viseur, se trouvait un fusil? J'imagine bien un vieil homme, alangui derrière sa gachette... Un sniper ancestral sur lequel les secondes glisseraient sans jamais le toucher, et qui attendrait depuis le tout début, à bord d'un satellite. Toujours à veiller, depuis que la première forme de vie unicellulaire a fait son apparition, dans les abysses noires d'un océan.
Si j'étais trop égocentriste, je me dirais qu'il n'est braqué que sur moi, mais j'essaie de me dire que tout le monde doit avoir un viseur braqué sur lui... Je n'ai donc rien d'exceptionnel à ses yeux, mais pour me consoler je pense au fait que moi j'imagine son existence; si j'avais raison ça ferait de moi quelqu'un de très lucide.
Je réfléchis donc aux possibilités: Il peut y avoir plusieurs snipers, chacun à bord de son satellite, avec son fusil braqué sur un individu. Ou alors il peut y avoir plusieurs snipers à la chaîne dans un seul satellite. Mais j'ai plutôt envie de m'imaginer un être allongé dans un siège, avec un grand oeil composé de centaines de milliards de petits yeux, chacuns rivés à un viseur; et avec des mains rendues douces et froides au contact du métal de tant de manches, des mains qui voyageraient de gachette en gachette avec une dextérité surnaturelle, comme les mains d'un pianiste...

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# Posté le dimanche 22 novembre 2009 17:50