AUTOVIEW, COMPILATION, RETROSPECTIQUE - 3


Alors ça ! Si je devais n'en garder qu'un ce serait lui. J'ai sauté pas mal de pages de Lepistolero, certains textes me plaisent encore bien pourtant mais j'ai oublié l'instant où je les ai écrits, l'impulsion sur laquelle j'étais parti, le pourquoi, le comment, et je n'ai rien à en dire aujourd'hui. Lepistolero avait bien progressé, je le dis quand même, je préfère 1000 fois le lire sur sa fin que dans ses débuts.

Mais en tout cas, celui-là c'est LE texte pour lequel je remercie lepistolero. Celui que je peux encore modifier, fluidifier, corriger, développer, mais que je serais bien incapable de réécrire. J'ai jamais su raconter d'histoire, alors quand j'ai proposé ce projet d'écriture à deux à mon pote Eric Samy G. « pour le fun » en octobre 2005, j'avais aucune idée de ce à quoi ça allait mener, j'avais même certainement bien peu d'espoir que ça mène à quelque chose... Et pourtant deux ans plus tard je posais le point final ( ? ) de LA parfaite nouvelle de SF/Fantasy/Delirium à quatre mains. Alors oui, pour ce petit paragraphe j'ai remercié lepistolero, mais pour la totalité de la nouvelle c'est bien évidemment à Eric que va ma gratitude. Parce que si j'avais du prendre la suite après ce paragraphe, j'aurais ma foi été bien emmerdé... Eric a vu de l'ouverture là où je ne voyais que du noir, des directions là où je ne voyais que du vide... Mais « que le néant pourvoit à toutes choses c'est le sens de la phrase, la forme c'est le vide » . Le Dieu Mouche m'a appris bien des choses, sur l'écriture en elle-même bien sûr mais aussi sur une manière de voir la vie, le vide, la mort et le temps, et surtout sur tout. Je me suis imprégné moi-même au fil du temps de cette histoire, j'ai capturé dans l'eau de mes yeux ses rayons de lumière noire pour qu'ils éclairent ma vision et...

Difficile de dire clairement ce que je ressens vis-à-vis du Dieu Mouche, c'est un peu ma bible perso. Ça parait sérieux comme projet et pourtant c'était vraiment de la détente, du « quand tu veux, comme tu veux » , sans pression, sans plan et sans contraintes. J'aime le sens que je trouve à cette histoire, j'aime y voir beaucoup de choses, parmi lesquelles même si ça fait un peu pompeux, un pied de nez au sort et à la manière « académique » d'écrire des histoires, à la ponctuation et à la concordance des temps... Mais avant tout je crois que c'est le produit d'une authentique amitié.

A Samkoya.





Le Dieu Mouche version 1.0 – Paragraphe 1.



L'actualité est un ennemi qu'on ne peut fuir. Comme un viseur toujours braqué sur moi, un oeil numérique qui me toise de haut, le présent me suit sans retard, il me colle à la peau. J'imagine que j'ai pas à me plaindre, il y en a pour dire qu'il me va bien. Mais si à l'autre bout du viseur, se trouvait un fusil? J'imagine bien un vieil homme, alangui derrière sa gachette... Un sniper ancestral sur lequel les secondes glisseraient sans jamais le toucher, et qui attendrait depuis le tout début, à bord d'un satellite. Toujours à veiller, depuis que la première forme de vie unicellulaire a fait son apparition, dans les abysses noires d'un océan.
Si j'étais trop égocentriste, je me dirais qu'il n'est braqué que sur moi, mais j'essaie de me dire que tout le monde doit avoir un viseur braqué sur lui... Je n'ai donc rien d'exceptionnel à ses yeux, mais pour me consoler je pense au fait que moi j'imagine son existence; si j'avais raison ça ferait de moi quelqu'un de très lucide.
Je réfléchis donc aux possibilités: Il peut y avoir plusieurs snipers, chacun à bord de son satellite, avec son fusil braqué sur un individu. Ou alors il peut y avoir plusieurs snipers à la chaîne dans un seul satellite. Mais j'ai plutôt envie de m'imaginer un être allongé dans un siège, avec un grand oeil composé de centaines de milliards de petits yeux, chacuns rivés à un viseur; et avec des mains rendues douces et froides au contact du métal de tant de manches, des mains qui voyageraient de gachette en gachette avec une dextérité surnaturelle, comme les mains d'un pianiste...

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# Posté le dimanche 22 novembre 2009 17:50

AUTOVIEW, COMPILATION, RETROSPECTIQUE - 2


Difficile pour moi de reposter mes vieux textes, puisque comme je l'ai déjà dit je les trouve affreux. Affreux c'est tout de même un bien grand mot pour celui-là ; même à mes yeux d'une sévérité corrosive il demeure à peu près lisible. Je l'aime pas particulièrement non plus, mais apparemment et pour une raison qui me dépasse il a plutôt touché mes lecteurs, à l'époque un rien plus nombreux. Pourquoi, comment... j'en sais foutre rien. A l'époque la conjoncture faisait que je n'écrivais quasi qu'en week-end (jamais été trop manuscrits, toujours préféré la rapidité du clavier), mais à un rythme frénétique qui me faisait parfois poster une bonne dizaine d'écrits en deux jours. Cela dit j'avais une astuce pour ça, un fichier bloc-notes que j'avais nommé « idées éparses » et dès qu'un truc me passait par la tête en quelques clics c'était noté, sauvegardé, et posté. Celui-ci est un peu différent des autres de la série, plus long, moins brouillon, il aura réclamé certainement plus de temps et de soin même si ça reste un texte d'un seul jet. La série idées éparses aura fait son temps, elle aura eu une bonne vie puisque restée plus ou moins active jusqu'à Koyabashi, mais ça c'est une autre histoire.

C'est vrai que j'aurais pu en choisir d'autres des idées éparses, mais allez... c'est déjà assez dur pour moi de redécouvrir les conneries que je postais. J'aurais pu aussi poster du CDLBSDD, qui avait commencé avant les idées éparses, comme 9mm en retrospectique 1, pour prendre finalement la forme d'un petit conte mais toujours pareil, ça me fait mal aujourd'hui de le relire et pour être très honnête j'ai vraiment pas envie de ça en ce moment, peut-être plus tard si le c½ur m'en dit ; de toute façon à mon grand malheur si les habitués veulent s'en jeter un coup ils sauront où le trouver. J'ai toujours gardé cette histoire en semi-ouverture et même si je ne l'ai laissée qu'en statut de semi-fermeture, cela dit ce n'est vraiment plus d'actualité et si je devais écrire les nouvelles aventures de CDLBSDD, le pauvre serait transparent, paraplégique, aveugle, sourd, muet et dans le coma.

Tout ça pour dire que ce soir je poste Et dans le brouillard..., qui m'avait valu pour l'anecdote d'être publié pour la première fois sur le blog de mon pote Samy G.

Texte du 4 juillet 2005, 2h16 du matin, 5eme de la nuit, juste pour l'info.




Idées éparses, et dans le brouillard... Et dans le brouillard.

Est-ce que je suis satisfait de la dernière page? J'ai loupé quelque chose, non rien, mais c'est ça l'essentiel. Je ferme, je rouvre, je ferme, je ferme, je rouvre, je ferme je rouvre, ferme ouvre ferme ouvre ferme... Je respire. Les lettres comme des gouttes d'eau tombent, et j'appelle les nuages, je leur donne des sons que je ne saurais reproduire. Parce que c'est beaucoup plus marrant. Leur démarche bat la mesure. Certains balourds, d'autres fins. Ils sont tous le seul ami.
Le grésillement s'est arrêté, je peux aller dormir sans m'étouffer. Dernière respiration, et j'y vais, j'y vais. J'y vais, je viens, j'arrive déjà. Allez.
Je t'enverrai le password pour qu'on piste ensemble. Tressautements sur la bande, grésillements dans l'écouteur, et mon parasite agonise.
Laisse-moi, abandonne-moi, je m'en fous, tu vaux pas le coup et puis de toute façon j'ai plein d'amis de rechange.
Je simplifierai mon dialecte un jour, pour être plus commercial, plus commercial.
Tu as tourné ma route, tourné ma route.
Je suis sorti du virage, parce que je l'ai pas accepté. Je me suis perdu dans le fossé, j'ai pas pu réescalader.
Je choisirai mes mots un jour, pour te dire, pour te dire enfin que tu m'as rendu nostalgique. Je retournerai mes surrires pour que tu croies que je suis heureux. Ca fera sûrement moche, mais ça sera marrant, et pis toi tu souriras peut-être pour de vrai.
J'ai changé de ton aujourd'hui, j'ai changé d'oreille aujourd'hui.
Je simplifierai mon dialecte un jour, pour être plus commercial, plus commercial et enfin prêter mon monde à plein de monde.
Je sais pas si tu te rends compte, je sais pas, si même moi je me l'imagine, combien de fois j'ai tapé sur ma tempe pour faire tomber le goudron de mon oeil, pour que pendant quelques minutes il puisse enfin voir sans.
C'est l'Endroit secret qui marche tout seul, les mains dans les poches et les doigts saisissant l'air comme des draps volatiles. Des draps tissés en toile d'araignées. Ils s'enroulent autour de mes oreilles et de mes cils, sans me gêner. Je suis enfin seul et tout va pour le mieux.
Je me perdrai dans mon dialecte un jour, un jour, peut-être, pour être plus évasif.
Est-ce que j'exorcise ma douceur pour redevenir violent? Et si au contraire j'ai réussi à mettre ma haine de côté, de combien de minutes de douceur je dispose encore?
C'est un texte à colère, n'est-ce pas?
J'irai m'égarer dans les recoins de tes silences, glisserai du bout des doigts, sans un bruit... Je dessinerai des libellules qui subtiliseront doucement ton corps. Je lancerai des perles en l'air, et en les envoutant on fera de la musique. En se laissant envouter on jouera plus fort. Et même les insectes, leur nervosité deviendra grâce, ils danseront. En entremêlant nos dialectes on changera nos mondes sans sortir de nos bulles. On s'inventera une bulle commune et assez grande pour nous contenir tous les deux. On la décorera de nos identités sans qu'on ait à les partager. Je t'apprendrai à jouer avec des doubles contraires. Je t'enverrai le password, je le poserai sur de la brume, je le mettrai sur un coussin de brouillard... Tu t'en souviendras?
Tu verras qu'on apprendra à danser, à notre manière, que nous on pourra comprendre de toute façon. On pourra même comprendre les chûtes et les imprévus. On pourra boire notre venin et ça nous fera rien. On aura peut-être le blanc des yeux, verts. Ou bleus, ou rouges, ou peu importe.
Pour le pire ou pour le mal. On se retrouvera, peut-être, dans un centre commercial, comme des parasites dans un zoo, des choses qui ont refusé le vrai, qui ont voulu croire le faux.
Mais quoi que nous soyons, on sera toujours vrais. On est là, dans nos baskets, ou pas, même si on en a qu'une, même si on en a pas. On se fera des tas de sable et on dira que nos baskets sont des dunes. C'est nous les plus vrais. C'est nous qu'avons le plus de mots. C'est nous qui avons le plus. C'est nous les vrais. Nous. Les vrais.

# Posté le lundi 16 novembre 2009 16:51

AUTOVIEW, COMPILATION, RETROSPECTIQUE - 1


C'est en cherchant la date d'un autre texte de 2005 que j'étais sur le point de poster que j'ai retrouvé celui-là, celui que je cherchais à la base. C'est venu un soir de mai 2005, sorti d'une traite, et croyez-le ou non, la semaine d'après j'en ai repondu un qui doit bien faire pas loin de deux fois celui-là, encore d'une traite. Pour être honnête à l'époque je n'étais pas pleinement satisfait de mes textes, et quand je relis les vieux postés maintenant je dois dire que je les trouve parfois immondes, mais au moins c'était un temps où j'avais quelque chose à dire. Le regard que je porte sur le corentin de l'époque est assez condescendant voire souvent méprisant, sa naïveté et sa sensiblerie m'exaspèrent. Mais je dois aussi admettre que c'est bien facile de dire ça aujourd'hui, le pauvre avait beaucoup de choses à gérer, beaucoup de trucs moches dans son cerveau d'adolescent, beaucoup de caillasse entre les multiples calques chiffonés de son identité. Si je suis en paix aujourd'hui, si les facettes de ma personnalité ont arrêté de se faire la guerre pour former un tout que j'aime croire cohérent, c'est grâce à son combat en amont. Je lui en suis redevable et reconnaissant.
Tendresse à lepistolero au travers d'une flamme.




Nine Milimeter, c'est mon nom. Et pourquoi? Parce que je suis semi-automatique, mortellement semi-automatique.
Je suis pas Koyabashi, mais alors qui est Teen Spirit? Teen Spirit est un faux, c'est un masque trompeur, une porte en trompe l'oeil. Une vitre qui ne donne pas sur le paysage qui se trouve derrière elle.
Et Koyabashi est un imbécile. Un pauvre petit chat errant ayant parfois mal à la tête, un moignon qui doit se conformer, sans cesse de conformer, entrer dans les formes, signer les papiers, parler aux gens. Le pion avec lequel on joue à un jeu.
Je suis semi-automatique. Je ne sais pas ce que je dis mais à chaque fois il faut que j'appuie sur la gachette pour qu'un mot sorte. Je suis encore entrain d'écrire.
Je ne fais que respirer, pendant longtemps avant les autres, derrière les autres, en dessous. Je me vide et je blêmis; je n'écoute plus, je n'entends même pas. Les images n'ont plus de sens, la musique est le seul parasite, et il n'est là que pour être le seul. Pour ne pas que la voiture qui passe dehors ne m'enlève.
Mais tu penses, tu penses!! PUTAIN!
Je suis Nine Milimeter; il n'est plus question de respect ni de tolérance. Je suis le fruit de la haine, je suis la haine en elle-même. Il n'est plus question de valeurs, d'idéaux, de dignité, de paix. Je suis amoureux de la violence. Je ne suis que violence. Il n'est plus non plus question d'ironie.
Je pourrais m'apaiser en pensant à ce prénom dans l'Appartement, mais je n'ai pas envie. Pas maintenant, c'est trop tôt. Je veux plonger, me noyer dans les profondeurs de moi, m'étouffer avec les algues piquantes, je veux que le sel me brûle les yeux, que mon cerveau soit réduit en bouillie par la pression et qu'il me sorte par les oreilles, je veux vomir mon coeur pour pouvoir mordre dedans, le déchiqueter. Je veux aller plus profond que jamais, je veux me droguer aux ténèbres, qu'elles soient si intenses et si puissantes que mes pupilles se dilatent jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de blanc dans mes yeux, cherchant la lumière mais il n'y en a pas. Je veux que l'infrason bourdonnant vrombisse, fasse vibrer tout mon être avec tant de force que mes côtes se brisent une à une. Je veux que les doigts froids du mépris et brûlants de la colère me transpercent le ventre, remontent jusqu'à ma gorge et m'étranglent de l'intérieur. Je veux sombrer à l'intérieur de moi-même, je veux continuer à écrire toute la nuit, inspirer, expirer, que ce MONDE DE MERDE PUE A MES NARINES COMME TOUJOURS, ça me dérange pas, que dans son orgueil il se rappelle toujours à moi alors que je ne fais plus partie de lui. Cet orgueil bien connu, débile et démesuré. Celui qui s'est gourré sur toute la ligne, celui sur lequel on pisse depuis longtemps, celui qui se la pète de boire ma pisse en croyant que c'est un grand cru qu'un pauvre type comme moi pourra jamais se payer.
Ca deviendra un jeu de mains quand les mains commenceront à jouer. Jouer de la gachette, Roland les Doigts de Fée, ou jouer du clavier, ça c'est moi les doigts aux ongles rongés.
Pourquoi je suis renfermé? Pourquoi je regarde pas le ciel? Mais c'est toi qui est renfermée, toi bien précise. C'est le monde l'enfermement, c'est le ciel le mur. Mon intérieur est infini.
Je suis Nine Milimeter, parce que quand j'ouvrirai la bouche ce sera pour tuer quelqu'un! C'est pas fini, non, non, c'est pas fini.
C'est infini! Les mains jouent parce que je suis encore plus endormi; c'est de l'automatique. Même mes pieds finissent par taper la mesure, et ma tête penche; je suis ébloui et aveugle à la fois. Je marche en dormant. Sur une route qui est inconnue, qui est à l'envers, qui tourne comme un grand huit sans jamais revenir au même point. Tourne et retourne, il n'y a pas de point de départ je suis déjà fatigué, je suis perdu, de toute façon j'éternue même. Je suis plus le même; ma morve est rouge; je suis content; Bonjour, Cerveau!
Je suis assis sur le trottoir, j'ai les pieds nus dans le caniveau; et en plus c'est froid, il pleut. J'ai les mains sur les yeux; je rouille. Est-ce que ça se mange une araignée? Je viens d'en voir une passer à toute vitesse sur la route.
Absent. Je suis absent. Je suis absent de tout endroit où je suis pas, et je suis un peu nulle part. Je suis pas sur le sol, je suis pas en dessous, je suis pas au dessus. Je suis ptetre quelque part au bout de mon doigt; petite araignée essayant de revenir jusqu'au cerveau; le chemin est martelé de gouttes de pluie dix fois plus grosses que moi. Et mes yeux me regardent avec leur noirceur complète, content dans la tristesse. Amusé du désespoir. Un sourire qui ne dévoile pas les dents, à la fois encourageant et cruel.
Je me laisse tomber en arrière; une canette roule sur le trottoir, la pluie me martèle les genoux pointés vers le ciel, mes doigts se recourbent. Je me suis peut-être, avec un peu de chance, cogné la tête au goudron dur. Peut-être qu'un peu de sang s'est joint à l'eau ruisselant entre les petits cailloux. Rien à faire, l'eau contourne mes pieds, mais s'insinue quand même entre mes orteils, pour emporter quelque chose.
L'érosion de moi par le monde, le monde le voleur, qui me fuit et s'approche et même temps, atrappe à bout de bras sans même me regarder, surveillant ses arrières; t'es con, qui c'est qui viendra t'atrapper?
Et pis mes dents claquent, claclaclaclaclaquent. Elles ont mordu, elles ont mordu pour exorciser la violence, elles ont mordu pour protéger, elles ont mordu pour être tendres; au final tout ces souvenirs finiront dans le caniveau, ou bien mangés par des araignées. N'en restera rien, rien que le froid du métal, et les nouveaux adversaires, et les cadavres des anciens, et mon cadavre quelque part aussi, ni sur le sol ni au dessus ni en dessous, mais quelque part entre ma main et moi. Rien que moi, moi Nine Milimeter.
Ma Toi Bien Précise, j'ai envie de te mordre... Je sais pas si tu es une adversaire, je ne sais rien du tout, mais ça ne me dérange pas si tu me blesses. Blesse moi. Je me sens plus beau quand je suis blessé. Et puis, les cicatrices me rassurent. Il faut que j'arrête de me reprendre.
Je renifle. Je joue les équilibristes, je ne suis pas un acteur pourtant. Même la langue bat la mesure maintenant, ça me gratte rythmiquement, la relance prendra, prendra pas; j'ai les mains sur les temps et la tête comme un gouffre. De déclaration de colère en déclaration, de je ne sais quoi, à ton avis Toi Bien Précise, quel type de déclaration je peux bien te faire? Mes yeux se révulsent au rythme de la musique, mais pas la musique parasite, la musique, l'autre, celle l'inconnue. Eh, au début c'était pas une déclaration de colère, c'était une déclaration de nom.
Je suis Nine Milimeter, et apparement je supporte pas l'eau. J'ai appris de vous, de moi, j'ai appris à dire au revoir, j'ai appris ce que ça voulait dire. Comment continuer? Je sais pas si j'ai encore la force de marcher. En plus, je sens plus mes pieds; c'est comme si l'eau les avait vidés. L'autre, elle se prend vraiment pour une reine. Ptetre qu'elle se fait un collier d'ongles
DES ONGLES ROUILLES!
et que chaque ongle représente quelque chose, quelque chose qui n'a pas de sens pour moi mais qui en aura pour elle, et qui n'en aura pas pour vous, et qui n'en n'auront pas en eux-mêmes. En plus, ça sera peut-être le mauvais sens.
Est-ce que je peux marcher dans le bon sens avec des pieds sans ongles rouillés? Une araignée ça peut marcher dans tous les sens, même à l'envers. Mais alors, c'est quoi le bon sens pour une araignée? Bon sang! C'est bon le sang... Le sang qui ruissèle avec la pluie entre les petits cailloux qui ressortent du trottoir en goudron dur et mouillé sur lequel je suis renversé la pluie martelant mes genoux et les pieds dans l'eau qui emporte les ongles rouillés en surveillant ses arrières alors que personne ne peut surveiller le monde qui pue à mes narines dans son orgueil débile le genre qui croit qu'il boit un grand cru que je pourrai jamais me payer mais en fait c'est ma pisse qu'il a dans son verre
Et en plus il a un Nine Milimeter braqué sur la tempe.
Mais ça, il ne l'admettra jamais.
On ne s'arrête pas là. On s'évade, c'est tout.

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# Posté le mercredi 11 novembre 2009 20:30

AUTOVIEW, COMPILATION, RETROSPECTIQUE - 0


Un prélude si je puis dire, mon premier, retrouvé dans une pile de dessins de maternelle, vous savez ceux qui font penser que quelqu'un s'est saoulé à la peinture et a tout vomi sur une feuille de canson. Pas de souvenirs ni du pourquoi ni du comment de ce texte, mais j'imagine que l'imagination d'un gosse est assez libre, pas encore trop frappée des coups de marteau du conditionnement, et quand on lui dit d'écrire ce qui lui passe par la tête il produit quelque chose qui se rapproche de ce que les adultes appellent l'écriture automatique. Ironique que les hommes aient besoin de se défoncer pour se libérer de frontières que le gosse lui ne connaît pas. 09.96 ça me faisait un beau 7 ans et demi.





Sur un arbre, il y avait
un renard avec dix-huit yeux,
vingt et une oreilles,
cinquante roues,
soixante nez,
trente queues,
six cents moteurs,
dix-huit mille corps

et aussi un livre
qu'il lisait sans cesse.


09.96

# Posté le mardi 10 novembre 2009 21:21


Au diable la pudeur et la délicatesse de ne pas dire je, je creuse et j'harponne au semi-hasard dans mes écrits passés dans le temps comme dans la couleur ; sincèrement pas dans l'idée narcissique de m'auto-contempler, voyez ça comme vous voulez de votre côté, pour ma part cette série de postés est avant tout un grand merci à ceux qui m'auront suivi pour quelques pas ou plus, Laura J., Laura V., Smouack, un cauchemard rouge et les autres de la blogosphère , un verre aux quelques uns sur les doigts d'une main qui sont toujours là, Laé, l'enfant vaudoo et peut-être aussi sa mère, et un hommage à celui l'unique qui l'a toujours été depuis le début, mon pote Samy et mon ami Eric, vous savez qui.

Je vous laisse un échantillon de mon trousseau, prenez ce que vous voulez, mais rappelez vous de ce que Joshua disait : « Un jour j'ai perdu mes clefs, et depuis toutes les portes se sont ouvertes ».


AUTOVIEW, COMPILATION, RETROSPECTIQUE.

# Posté le mardi 10 novembre 2009 21:18